De tout temps, la Commune de Marcheprime et particulièrement le Hameau de Croix d’Hins ont eu pour vocation d’être un lieu de passage. La première trace historique se situe à Croix d’Hins sous la forme d’une borne sur l’ancienne voie romaine Bordeaux - Dax, qui signifiait la limite en territoire de deux peuplades. Toutefois, il faut attendre l’intérêt pour la région des Frères Péreire pour voir se développer Marcheprime qui n’est à l’origine qu’un lieu-dit rattaché à la commune de Biganos, constitué de quelques habitations et d’une auberge en bord de route.
Puis, après avoir acquis à la même période près de 10000 Ha de terres incultes réparties sur les communes de Lanton, Audenge, Biganos et Mios, il entreprennent des travaux d’assainissement et d’ensemencement destinés à transformer ces hectares de Landes en forêt de pins, ce qui explique aujourd’hui le caractère boisé de la Commune. Le hameau accueille le centre actif du domaine et des habitations sont construites pour loger la main d’œuvre.
Le lieu-dit se développe et s’organise de façon linéaire par rapport aux voies structurantes et par rapport aux édifices publics. En 1862, Emile Péreire fait construire une église (les initiales E.P Emile Péreire sont toujours gravées sous la voûte). Un vaste parc arboré d’essences diverses structure cet urbanisme neuf. En 1863, une délibération du Conseil Municipal de Biganos fait état de l’existence au lieu dit " Marcheprime " d’une église, une école, une maison d’instituteur et un presbytère.
Emile Péreire demande que le lieu-dit soit érigé en Commune mais ce projet mettra 83 ans pour aboutir. Par décret du 10 octobre 1946, Marcheprime devient officiellement une Commune. La Mairie est construite en 1947. Par la suite, le développement urbain, fortement contraint par l’intersection des axes routiers et ferroviaire s’est traduit par une explosion démographique.
A travers la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, le frères Péreire prennent à bail la ligne de Bordeaux à La Teste le 27 mars 1852
Croix d'hins
Le Général Pershing en 1922
La station Radio Bordeaux Lafayette
Dès la déclaration de guerre en août 1914, les liaisons téléphoniques par câbles sous-marins sont coupées, il devient alors indispensable pour des besoins de guerre, de mettre en
place des solutions de remplacements et la radio-télégraphie qui est en plein développement vient à point pour combler le manque de liaisons terrestres. Les américains entrent en guerre en 1917 . Le Général Pershing commande le corps expéditionnaire américain. Un canal de communication sûre et permanent entre l'Europe et les Etats-Unis doit être rendu opérationnel rapidement. Une nouvelle station de radiotélégraphie est étudiée à l'initiative du Général Pershing en vue de permettre des communications fiables et ininterrompues entre les forces armées américaines engagées en France et les Etats-Unis. La délégation française propose le site de Croix d'Hins près de Bordeaux. Ce site est accepté par la commission inter-alliés chargée du dossier car il présente de nombreux avantages :
il est loin des zones de combats
il est près du port de Bordeaux et hors d'une zone urbaine (forêt landaise),
il peut être raccordé au réseau ferroviaire,
il peut être alimenté en courant depuis les barrages hydroélectriques sur la Dordogne et en particulier le barrage de Tuilière en amont de Bergerac
Vue générale de la station télégraphique de Bordeaux-Lafayette.
Enfin, compte tenu de la position du continent nord-américain, il était préférable de choisir un lieu près de la côte Ouest atlantique de notre pays. Les 486 hectares sont acquis rapidement pour la construction de la station. En souvenir de l'amitié franco-américaine, la station portera le nom de Radio Bordeaux Lafayette . Le chantier démarre le 7 mars 1918 . Il faut construire non seulement les antennes et l'émetteur, mais aussi des bâtiments techniques, un château d'eau, un atelier, un réfectoire, les logements pour le personnel et même une école. Un raccordement ferroviaire est fait en gare de Croix d'Hins, afin d'acheminer les pièces lourdes depuis le port de Bordeaux. La voie ferrée passera entre les pylônes et pénètrera jusque dans le bâtiment principal. 750 Marines sont envoyés en France pour le montage du matériel et l'élévation des pylônes d'antenne qui commencera en mai 1918. La fin de la guerre le 11 novembre 1918 voit un arrêt des travaux alors que seulement 6 des 8 pylônes sont construits. Des discussions franco-américaines reprennent début 1919 et un nouvel agrément est signé en février 1919. Les derniers pylônes sont mis en place, l'installation générale terminée et les essais de réception achevés en avril 1920 . Le premier message est transmis le 21 Août 1920. L’inauguration officielle a lieu le 16 décembre de cette même année.
En 1940 , les allemands s'emparèrent des installations. Kriegsmarine se rendit vite compte de l'utilité des ondes très longues pour communiquer avec les sous marins en plongée. La station fonctionnera jusqu’à sa destruction par les allemands en 1944 , à l'arrivée des alliés. Le dernier pylône sera abattu le 21 novembre 1953. Très peu de choses sont encore visibles aujourd'hui sur le site. Quatre bâtiments d’époque subsistent encore ainsi que les ruines de l’ancien atelier et du réfectoire